Dimanche 25 octobre
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A Meymac, il n'y a malheureusement toujours pas de bonnes nouvelles, sauf pour certains de nos collègues qui ont réussi à trouver un nouveau job. Il y a en moyenne 3 ou 4 départs chaque mois, et on leur souhaite pleins de réussite dans leur nouvelle vie professionnelle. C'est une chance pour eux, car ce n’est pas si facile de se projeter dans l'avenir tout en travaillant sous stress.
A ce sujet il y a plein de chose à dire, au travail, tout est fait pour qu'il règne un sentiment malsain. Il n'y a aucune psychologie de la part du management (les enquêtes de ces dernières années auprès des salariés avaient mis le doigt sur le problème d’incompétence du management), on recadre, on monte les uns contre les autres, on va même jusqu'à convoquer notre doyenne devant les tribunaux. Les prud’hommes auraient d’ailleurs rejeté l’attaque de BMS, se déclarant incompétents pour juger ces accusations.
Dans ce climat, impossible d'exprimer son incompréhension concernant des mauvaises choix, impossible non plus d’évacuer sa colère, les gens sont contraints à travailler sans broncher, même déprimés, ils se forcent à venir (car si on s'absente on peut oublier la prime de bonne production). C’est contradictoire avec un grand groupe pharmaceutique mondial. On se sentait privilégié par rapport aux salariés des entreprises voisines. Si on revient quelques années en arrière, on était même très fier de travailler pour ce groupe. Maintenant, on va essayer tant bien que mal de maintenir une bonne ambiance entre les collègues jusqu’à la fin, mais c’est difficile, d’autant que les incompréhensions grandissent entre ceux qui font leur travail, voire un peu de zèle et ceux qui ne peuvent plus trouver de motivation. Cela ne facilite pas les choses, il faudrait arriver à prendre du recul et se concentrer sur son nouveau projet, et venir travailler uniquement pour la paye. Mais on nous fait miroiter un nouvel investisseur qui ne reprendra qu’une petite partie du personnel (ceux qui figurent sur une liste, les plus méritants, ceux qui auront les meilleurs évaluations, qui n’auront pas été recadrés… voilà quelques rumeurs parmi d’autres).
Une réunion avec les élus locaux est prévue en novembre, et une réunion de CE a lieu cette semaine, on en saura peut être plus, même si tous les sujets autour du stress et du harcèlement sont désormais interdits. Soit ce n’est pas la bonne instance pour en parler, soit on sent que cela risque de retomber sur un salarié si on force la discussion, alors on abandonne. Mais comment les RH peuvent elles cautionner cela ? On est quand même en plan social, et il n’y a aucun problème au niveau de la production. Les discours de la direction lors de l’annonce de la fermeture, qui prônait l’accompagnement social en privilégiant la lutte contre le stress sont bien loin. Aujourd’hui, la direction du site refuse tout dialogue, elle préfère dérouler ses projets de transfert produit et de livraison client.
Pour finir sur une note d’optimisme, la commission de suivi semble fonctionner de mieux en mieux avec la direction du siège à Rueil qui parait plus ouverte que la notre à discuter, ils obtiennent des avancées significatives chaque mois. Et si les pressions continuent, il va certainement falloir qu’on demande à voir nos grands dirigeants. C’est fou, ils doivent nous trouver trop calme, ils veulent mettre le feu à nouveau. Comment se concentrer sur son projet de reconversion dans ces conditions ?
En espérant que les choses s’arrangent et qu’on laisse enfin les salariés en paix jusqu’à la fin…
Bristol-Myers-Squibb
En France, nous sommes 400 salariés à être directement touchés, dont
le site corrézien de Meymac qui fermera ses portes en juin 2010 et qui emploie 160 salariés.




Une année de recherche pour annoncer finalement que les 3 investisseurs les plus
intéressants souhaiteraient reprendre au maximum 30 salariés. C'est difficile à avaler, et on se pose beaucoup de questions. Comment faire tourner une telle usine avec 20 ou 30 personnes
? C'est impossible, à moins que l'investisseur arrive avec son personnel. Et que les 3 derniers finalistes soient dans le même cas, ce serait une coïncidence ?
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